Counterpoint semi-annuel 2021

Counterpoint semi-annuel 2021

Après la convalescence, place à la croissance - nos perspectives d'investissement à mi-année mettent en évidence une vision optimiste de l'économie mondiale et des marchés d'actions,
malgré les craintes d'inflation à court terme et la volatilité accrue attendue.
Sous l'impulsion des États-Unis, la croissance économique mondiale restera forte jusqu'à la fin de l'année, et la plupart des pays retrouveront leur niveau d'activité pré-pandémique d'ici à la fin de 2021. Les responsables politiques continueront à soutenir l'activité économique et l'emploi, notamment en poursuivant des politiques inflationnistes - ce qui entraînera une hausse des prix des actifs, même si le pic actuel d'inflation des prix à la consommation s'avère temporaire.

chart 1
Une économie à haute pression
Point de vue consensuel : Soit l’économie est en surchauffe, soit le meilleur du rebond post-pandémique est déjà derrière nous. Dans les deux cas, la situation est préoccupante.

Notre interprétation : Nous sommes plus optimistes que le consensus. Nous pensons que les autorités veulent « faire tourner l’économie à plein régime » dans la mesure où les capacités inutilisées demeurent considérables. Cela se fera par des mesures de relance gouvernementales. Selon nous, les risques de surchauffe sont limités et la croissance devrait rester vigoureuse tout au long de l’année. La reprise cyclique et la relance restent d’actualité.
chart 2
Une inflation trompeuse
Point de vue consensuel : Deux courants se dégagent : ceux qui estiment qu’une reprise durable de l’inflation est en vue et ceux qui pensent que la désinflation restera bien ancrée au final. A la fois les risques inflationnistes et désinflationnistes ont donc augmenté.

Notre interprétation: Bien que nous anticipions une poursuite de l’inflation des prix des actifs, nous pensons que l’inflation des prix à la consommation devrait rester modérée après une flambée temporaire. Les marchés de l’emploi ne devraient exercer une pression haussière sur l’inflation que progressivement, raison pour laquelle nous pensons que les grandes banques centrales ne resserreront pas leurs politiques de sitôt. À long terme, l’innovation technologique et le vieillissement des populations devraient demeurer des forces désinflationnistes.
chart 3
Maintien prolongé des taux bas
Point de vue consensuel : À mesure que le cycle arrive à maturité, la courbe des taux devrait s’aplatir à l’approche des hausses de taux. Le marché table sur une première hausse des taux de la Fed début 2023, avec une possibilité de hausse dès 2022.

Notre interprétation : Bien que ce phénomène ait tendance à se produire lorsque l’activité économique arrive en milieu de cycle, nous pensons cette fois-ci que les banques centrales cherchent à permettre aux États de financer leurs vastes programmes de relance à des taux abordables. Nous sommes plus optimistes que le marché et pensons que, dans une fourchette raisonnable, les banques centrales laisseront probablement les rendements obligataires à long terme augmenter à condition que cette hausse soit due à une accélération de la croissance, tout en ancrant les rendements à court terme à des niveaux très bas.
chart 4
Le pouvoir des mots
Point de vue consensuel : Les conditions de marché pourraient devenir plus volatiles dans la mesure où les autorités disposent de moins de munitions si la situation se dégrade et qu’il est difficile de suspendre les mesures de relance.

Notre interprétation
Nous partageons l’avis selon lequel la volatilité risque d’augmenter. Mais nous divergeons sur la nature de son éventuelle hausse. Des événements inattendus pourraient faire dérailler la reprise, comme l’apparition de nouveaux variants du virus. Mais le principal risque, selon nous, est celui d’abuser des bonnes choses : une croissance plus forte que prévu et éventuellement une période d’inflation plus durable pourraient entraîner une revalorisation sur le marché obligataire, aplatissant les courbes à mesure que les investisseurs testent la détermination des banques centrales à s’abstenir de relever leurs taux. Plutôt que d’accroître la volatilité du marché actions en soi, cela pourrait accroître la volatilité du marché obligataire en premier lieu et influer sur les actifs à risque en conséquence, surtout à un moment où les débats concernant la réduction progressive des achats d’actifs vont probablement s’intensifier. Mais il est peu probable que tout cela se déroule de façon linéaire, les périodes de hausse des rendements obligataires alternant avec des phases de surperformance des actifs à risque.
chart 5
Retour vers le futur
Point de vue consensuel : De façon générale, la productivité à long terme devrait rester atone et nul ne sait si elle se redressera un jour.

Notre interprétation : L’une des conséquences sous-estimées du Covid-19 est qu’il a accéléré le processus de transition du physique au numérique. En outre, certains phénomènes comme l’innovation disruptive, l’explosion des dépenses d’investissement dans les technologies et l’adoption rapide des nouvelles technologies s’imposent progressivement. Ces facteurs sont susceptibles de stimuler la productivité, les bénéfices et la croissance économique. Même si les phases de début de cycle sont généralement associées à une surperformance des actifs axés sur l’accélération de la croissance et bénéficiant de courbes de taux plus pentues, nous sommes confiants quant à la thématique des technologies disruptives et pensons que la pandémie a probablement accéléré ce processus dans une large mesure. Bien qu’il soit tout aussi important de saisir les micro nuances que d’identifier la tendance macroéconomique plus générale, nos prévisions à long terme sont plus optimistes que le point de vue consensuel.