Fiscalité des revenus mobiliers et des plus-values en Belgique : comprendre les règles actuelles et les changements à venir

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Pendant des décennies, la Belgique offrait à ses investisseurs privés (personnes physiques résidentes belges) un cadre fiscal favorable : un précompte mobilier libératoire sur les dividendes et les intérêts encaissés en Belgique, et une exemption d’impôt sur les plus-values réalisées dans le cadre de la gestion normale du patrimoine privé (càd réalisées par une personne prudente et raisonnable).
Mais, à partir du 1er janvier 2026, un impôt sur les plus-values financières est instauré.

1. Que recouvre la notion de revenus mobiliers en Belgique ?

Les dividendes

Le dividende représente la part des bénéfices distribuée par une société à ses actionnaires. 
Les remboursements de capital peuvent également, sous certaines conditions, être assimilés – pour partie - à une distribution de dividendes.
Qu’ils proviennent d’une entreprise belge ou étrangère, les dividendes constituent un revenu mobilier imposable. 

Les intérêts

De manière générale, les intérêts sont les revenus perçus sur tout prêt d’argent, qu’il prenne la forme d’un dépôt d’argent, de titres financiers à revenus fixes (notamment les obligations), .... 

2. Le précompte mobilier : cœur du système belge

Chaque trimestre, vous constatez que les dividendes et intérêts crédités sur votre compte sont amputés d’un certain montant. 
La raison est simple : les banques belges prélèvent le précompte mobilier.
Le précompte mobilier est le nom donné en Belgique à l’impôt retenu à la source. 
Lorsque vous encaissez un dividende ou un intérêt en Belgique ou de source belge (càd versé par une société belge), le montant brut de ce revenu est directement soumis au précompte mobilier. Le taux standard s’élève à 30 %. Il s’applique à la grande majorité des revenus mobiliers.


Le précompte mobilier est un impôt final et libératoire : son prélèvement (par la banque ou par la société belge distributrice) dispense le bénéficiaire des revenus de les mentionner dans sa déclaration fiscale.


Bon à savoir : Si vos revenus mobiliers (de source étrangère 2) sont encaissés à l’étranger, la banque étrangère ne va évidemment pas prélever le précompte mobilier. Il vous appartient alors de mentionner ces revenus dans votre déclaration fiscale annuelle et de vous acquitter de l’impôt dû (d’un montant équivalent au précompte mobilier).

3. La fiscalité des dividendes : cas belges et étrangers

Dividendes de source belge

Les dividendes distribués par une société belge sont soumis au précompte mobilier de 30 %, retenu directement par la société distributrice.

Dividendes de source étrangère et double imposition

Lorsqu’un investisseur belge perçoit un dividende distribué par une société étrangère, une retenue à la source est généralement appliquée dans le pays d’origine. 
Le même dividende est ensuite soumis au précompte mobilier belge de 30 % (si ce dividende est encaissé sur un compte bancaire belge) ou à une imposition au taux de 30 % si ce dividende est encaissé sur un compte bancaire à l’étranger (il aura préalablement été mentionné dans la déclaration fiscale annuelle puisqu’aucun précompte mobilier n’aura été prélevé). 
Ex : dividende de source américaine de 100 €. Prélèvement à la source aux USA : 30 %. Sur le montant net (70 €), imposition belge à hauteur de 30 %, soit 21 €. 
Charge totale : 51 %.

fiscalité des dividendes

Application des taux d’imposition étrangers réduits

Exemple 1 : dividendes de source américaine
Si le bénéficiaire du dividende demande l’application de la convention préventive de la double imposition signée entre les États-Unis et la Belgique, l’imposition américaine sera limitée à maximum 15 % 3. La Belgique imposera ensuite le dividende net d’impôt américain à hauteur de 30 %. 
Charge totale : 40,5 %.
Exemple 2 : dividendes de source française
L’imposition française sera en principe limitée à 12,8 %. L’imposition belge sera de 30 % sur le montant net d’impôt français. 
Charge totale : 38,96 %.
Bon à savoir : La convention belgo-française de 1964, toujours en vigueur actuellement4, permet de récupérer une partie du précompte mobilier belge qui a été retenu sur les dividendes de source française, et ce, à concurrence de 15 % du montant perçu après la retenue de l’impôt français.
Ce crédit d’impôt est appelé « Quotité forfaitaire d’impôt étranger » (QFIE). La demande d’application de la QFIE doit se faire via la déclaration fiscale annuelle. Cet avantage fiscal disparaîtra à l’occasion de l’entrée en vigueur de la nouvelle convention.
Bon à savoir : Aujourd'hui, récupérer une retenue à la source excédentaire dans un autre pays européen est une démarche souvent longue et coûteuse, au point que de nombreux investisseurs y renoncent. La directive européenne FASTER, adoptée en 2024, devrait changer la donne à partir de 2030 ; chaque Etat Membre devra proposer à ses résidents une application directe du taux réduit d’imposition prévu par les conventions préventives de la double imposition signées par cet Etat et/ou un remboursement rapide de l’excédent d’impôt perçu à la source.

Exonération

Les premiers 833 euros de dividendes (exercice d’imposition 2026) sont exonérés d’impôt5.
Si un précompte mobilier a été retenu sur ceux-ci, il pourra être récupéré via la déclaration fiscale. 
La récupération totale est donc de maximum 249,9 euros (833 € x 30 %).
Si aucun précompte mobilier n’a été prélevé lors de l’encaissement des dividendes, les premiers 833 euros seront exonérés d’impôt (via la déclaration fiscale).

 

Produits de distribution vs produits de capitalisation

4. Produits de distribution vs produits de capitalisation

Au-delà du type de revenu et de son origine géographique, le choix même du véhicule d’investissement a ses propres conséquences fiscales.
Les dividendes versés par les fonds de distribution seront, sauf exceptions, soumis au précompte mobilier de 30 %. 
Inversement, un fonds de capitalisation réinvestit automatiquement ces revenus ; aucun précompte n’est donc prélevé puisque, par définition, ce fonds ne distribue pas de revenus.


Il convient néanmoins de nuancer ce point.


Imaginons la réalisation d’une plus-value à l’occasion de la cession à titre onéreux / du rachat des parts ou de la liquidation d’un fonds de capitalisation dont plus de 10 % du patrimoine est investi en créances ; dans cette hypothèse, la partie de la plus-value relative à ces créances sera taxée au taux de 30 %. 


Attention : le solde de la plus-value réalisée sera taxé à 10 % (cf point 5 ci-dessous). L’attractivité de la capitalisation dépend donc de la composition du fonds.
Le choix entre des parts de fonds de distribution et de capitalisation dépend de votre situation personnelle, de l’horizon d’investissement, de vos besoins de revenus réguliers, de la composition du portefeuille. Il n’existe pas de réponse universelle. Nous vous recommandons d’en discuter avec votre Client Advisor.

5. L’imposition des plus-values financières à partir de 2026

Historiquement exonérées dans le cadre de la gestion normale d’un patrimoine privé, les plus-values constituaient l’une des singularités du système fiscal belge.

 
La taxation de ces plus-values est le changement le plus notable du paysage fiscal belge depuis plusieurs décennies. Désormais, toute plus-value réalisée, dans le cadre de la gestion normale d’un patrimoine privé, sur un actif financier, tels que les actions, les obligations, les ETF, les fonds, les crypto-actifs, certaines assurances-vie, l’or d’investissement, …, est imposable. 


Le taux d’imposition est de 10 %, avec une exonération annuelle de 10.000 € (indexés), auquel il faut rajouter une possibilité de report jusqu’à 15 000 € après cinq ans de report. 
Pour une analyse exhaustive, nous vous invitons à consulter notre article dédié : Taxation des plus-values sur les actifs financiers.

6. Déclarations fiscale et administrative

Les contribuables belges sont tenus de déclarer l’existence de leurs comptes bancaires détenus à l’étranger, tant dans leur déclaration fiscale qu’auprès du Point de Contact Central (PCC) de la Banque Nationale de Belgique (BNB). A noter que la clôture d’un compte détenu à l’étranger doit également faire l’objet d’une déclaration à la BNB.
Sur les revenus mobiliers encaissés et les plus-values réalisées sur des avoirs détenus sur des comptes bancaires en Belgique, un précompte mobilier sera en principe appliqué (en raison de son caractère libératoire, les revenus soumis à ce précompte ne doivent pas être mentionnés dans la déclaration fiscale annuelle).
Une exception cependant pour les plus-values réalisées : le contribuable peut demander à la banque belge détentrice des capitaux de ne pas prélever le précompte mobilier (demande d’application de l’opt out). Dans cette hypothèse, il reviendra au contribuable de mentionner les plus-values (et les éventuelles moins-values) dans sa déclaration fiscale annuelle (pour une analyse exhaustive, nous vous invitons à consulter notre article dédié : Taxation des plus-values sur les actifs financiers.).
Dans un environnement fiscal en pleine mutation, un accompagnement professionnel permet d’éviter des erreurs.
L’équipe Wealth Planning & Structuring de Puilaetco se tient à votre disposition pour vous aider à construire une stratégie patrimoniale adaptée à vos objectifs à long terme.

 

Prendre contact avec un Client Advisor

Bibliographie

SPF Finances - Revenus de l’épargne et du patrimoine
Puilaetco - Taxation des plus-values sur les actifs financiers
Déclaration des revenus 2025
Directive FASTER
Déclaration de comptes étrangers au Point de Contact Central de la Banque Nationale de Belgique

 

Ce document se limite à énoncer les règles applicables aux avoirs financiers détenus sur les comptes ouverts auprès de la banque Puilaetco, tels que des actions, des obligations, des parts de fonds de capitalisation et de distribution, …. 


2 Exemple : un dividende de source américaine est encaissé sur un compte bancaire ouvert à l’étranger 

3Pour les personnes physiques résidentes belges

4La nouvelle convention fiscale signée entre la France et la Belgique en 2021 n’est pas encore entrée en vigueur

5Cette exonération ne s’applique notamment pas aux dividendes distribués par un organisme de placements collectifs (ex : sicav) ou par un fonds commun de placement

La législation fiscale est sujette à des changements continus, parfois rétroactifs, et peut entraîner des impôts supplémentaires, des intérêts ou des pénalités. Cet article ne constitue pas un conseil fiscal. Le traitement fiscal de chaque opération est spécifique à la situation personnelle de chaque individu. Les informations fournies dans cet article sont de nature générale. Il ne remplace pas des conseils spécifiques à votre propre situation. Il vous est recommandé d'obtenir des conseils spécifiques  auprès de professionnels agrée avant d'entreprendre toute action ou de vous abstenir d'agir.

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