Renforcer la qualité pour se prémunir contre les aléas géopolitiques

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Ce qu'il faut savoir

  • La géopolitique continue de dominer l'actualité déclenchant des épisodes de volatilité sur les marchés depuis fin février. Mais les issues possibles du conflit avec l’Iran sont nombreuses. Une désescalade pourrait favoriser un rebond rapide. À l'inverse, une perturbation prolongée pourrait peser davantage sur l'économie, faire grimper l'inflation et faire baisser les prix des actifs financiers. 

  • Nous améliorons la qualité de nos actifs obligataires en achetant des obligations d'État européennes et des bons du Trésor américain. Ces obligations « plus sûres » ont déjà intégré dans leur cours les hausses de taux d'intérêt en réaction aux pressions inflationnistes croissantes. Nous finançons ces achats en vendant des obligations d'entreprises plus risquées. Sur les marchés émergents, nous achetons des obligations en devise locale mieux notées et vendons les obligations émises en US dollar, moins bien notées. 

  • Nous améliorons également la qualité de notre positionnement actif en actions. Par rapport à notre allocation d’actifs à long terme, nous sommes désormais passés d’une sous-pondération à une position neutre sur les actions américaines, et d’une légère surpondération à une position neutre sur les actions européennes. L’histoire montre que le marché américain est plus résilient en période de tension. Les États-Unis sont également moins exposés au conflit avec l’Iran, car ils ne dépendent pas du transit du pétrole par le détroit d’Ormuz. 

Remarque : toute référence au positionnement du portefeuille concerne nos portefeuilles discrétionnaires phares. Les clients investis dans d’autres stratégies, ou dans des portefeuilles sur mesure et de conseil, sont invités à consulter leur client advisor. 

Comprendre les perturbations pétrolières et leur impact sur les marchés 

Ces dernières semaines ont été marquées par de fortes fluctuations sur les marchés, les brèves reprises laissant place à des baisses. Le principal catalyseur a été le conflit avec l’Iran, qui a pesé tant sur les actions que sur les obligations, effaçant les gains enregistrés précédemment en début d’année. L’impact économique immédiat est clair : la hausse des prix du pétrole alimente l’inflation et fait grimper les rendements obligataires. En conséquence, les marchés ont revu leurs prévisions, abandonnant l’idée de baisses de taux au profit de la possibilité de hausses. 

Nous avons également révisé notre scénario de base. Nous tablons désormais sur une croissance économique plus lente, une inflation plus élevée et une trajectoire des taux d'intérêt différente. Pour la zone euro et le Royaume-Uni, nous anticipons des hausses de taux, tandis que nous continuons de penser que la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait procéder à une baisse de taux plus tard dans l'année, mais une seule au lieu des deux que nous avions supposées précédemment. La situation reste très instable, les marchés oscillant entre les craintes d’une escalade et les signes d’un éventuel apaisement. La question clé est de savoir combien de temps le conflit durera et comment il affectera les flux pétroliers et, en fin de compte, les prix. 

Le point d'étranglement est le détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des flux mondiaux de pétrole. C'est un volume important, mais la majeure partie de ce pétrole est destinée à l'Asie, et non à l'Europe ou aux États-Unis. La Chine en absorbe environ la moitié, mais ses sources d'énergie sont bien diversifiées, de sorte que le pétrole ne représente qu'environ un cinquième de sa consommation énergétique. La Chine dispose également de réserves stratégiques importantes. Ainsi, même si une interruption de l'approvisionnement aurait des conséquences pour les importateurs mondiaux, son impact pourrait ne pas être aussi important que ne le laisse supposer ce chiffre de 20 %.  

La politique et le financement limitent l'implication militaire des États-Unis 

Les événements géopolitiques entraînent rarement des mouvements de marché linéaires. Les prix évoluent à mesure que les probabilités changent, parfois de manière brutale. Lorsque la probabilité de scénarios extrêmes à la baisse commence à diminuer, les marchés se stabilisent souvent, même sans résolution complète du conflit sous-jacent. 

Un conflit qui s'éternise représente un risque pour les investisseurs, mais un conflit plus court que prévu pourrait également déclencher un rebond des marchés. Un catalyseur potentiel pourrait venir de la scène politique américaine. Le Congrès doit encore approuver un financement supplémentaire pour prolonger les opérations militaires américaines en Iran, à un moment où les rendements obligataires augmentent et où les inquiétudes concernant l'inflation et les dépenses budgétaires s'intensifient. 

Cette approbation est loin d’être garantie. Les États-Unis semblent avoir dépensé environ 20 à 30 milliards de dollars jusqu’à présent, les analystes estimant le coût à au moins un demi-milliard de dollars par jour. Tout financement supplémentaire pour la guerre en Iran nécessitera 60 voix au Sénat, et non plus seulement 50. Cela signifie que la Maison Blanche aura besoin d’au moins huit démocrates, en supposant que les républicains soient tous unis en faveur de cette mesure, ce que nous ne pensons pas être le cas. 

Les élections de mi-mandat ajoutent une contrainte supplémentaire, car il existe une réelle possibilité que les démocrates obtiennent la majorité au Congrès. Cela réduit l’intérêt politique de maintenir un conflit prolongé, d’autant plus que la cote de popularité de Trump est en baisse, les électeurs s’inquiétant de plus en plus des prix du carburant et des denrées alimentaires. Par conséquent, un conflit qui s’éternise pourrait comporter un risque politique plus important sur le plan intérieur qu’à l’étranger, ce qui pourrait dissuader l’administration actuelle de mener une action militaire prolongée. 

Les séquelles de la flambée de l'inflation de 2022 et ce qui a changé aujourd'hui 

Lorsque la Russie a envahi l’Ukraine en 2022, l’inflation était déjà élevée et la demande des consommateurs forte après la réouverture post-pandémique. Dans le même temps, les chaînes d’approvisionnement étaient sous pression et les pénuries de main-d’œuvre très répandues, ce qui a exercé une pression supplémentaire sur les prix.  

Une partie de cette pression provenait également de la dépendance de l’Europe vis-à-vis du gaz russe. Lorsque ces approvisionnements ont été perturbés, les prix à la consommation ont fortement augmenté et les anticipations d’inflation se sont accrues. Les banques centrales ont réagi par des hausses agressives des taux d’intérêt, qui partaient de niveaux négatifs dans la zone euro et de niveaux proches de zéro aux États-Unis et au Royaume-Uni. Ces mesures se sont répercutées sur les marchés et ont entraîné une réévaluation généralisée des différentes classes d’actifs. 

Aujourd'hui, le contexte est moins fragile. Le mix énergétique européen a considérablement évolué, le gaz russe ne représentant désormais qu’une faible part des importations totales. Le gaz naturel provenant des États-Unis, de Norvège et d’autres producteurs, associé aux énergies renouvelables, a largement comblé ce déficit. De ce fait, l’impact de la récente hausse des prix du pétrole sur l’inflation globale semble plus modéré. Les taux directeurs sont également plus élevés qu’en 2022, et les marchés de la consommation et du travail, ainsi que les chaînes d’approvisionnement, ne subissent plus les mêmes pressions.  

Tout cela signifie que nous nous trouvons dans une situation différente de celle de 2022. Pourtant, après avoir sous-estimé l’inflation à l’époque, les investisseurs et les décideurs politiques semblent désormais plus sensibles au risque d’une hausse de l’inflation.  

Notre stratégie face à l'évolution du conflit au Moyen-Orient 

La géopolitique fait la une des journaux, mais la réalité est qu’il existe un large éventail de scénarios possibles. Une désescalade soudaine pourrait favoriser une reprise relativement rapide, renforçant ainsi la confiance des consommateurs, des entreprises et des investisseurs. Un conflit prolongé pourrait freiner la croissance économique, faire grimper l’inflation et les taux d’intérêt, et faire baisser les prix des actifs. 

À long terme, les marchés actions ont tendance à être davantage influencés par les fondamentaux et les bénéfices que par les événements géopolitiques. Notre priorité est de rester investis et de laisser les rendements se capitaliser, de maintenir une diversification afin que la faiblesse d’un secteur puisse être compensée par la vigueur d’un autre, et d’ajuster progressivement nos positions plutôt que de réagir aux fluctuations à court terme. C’est l’approche que nous adoptons pour élaborer des stratégies capables de faire face à différents scénarios. 

Nous conservons des positions sur l'or, les matières premières en général et les obligations indexées sur l'inflation afin de nous couvrir contre l'inflation et les risques géopolitiques. Il est important de noter que, même si nous prévoyons un affaiblissement du dollar américain à long terme à mesure que les investisseurs des marchés émergents diversifient leurs réserves, celui-ci a une nouvelle fois démontré sa solidité en période de tension. Ainsi, d'un point de vue tactique, nous avions ramené notre exposition au dollar à un niveau neutre, réduisant ainsi le risque d'être pris à contre-pied lors d'un mouvement classique vers les valeurs refuges.  

De plus, avec la récente vague de volatilité, la valeur de notre « assurance » (warrant) a augmenté, rentabilisant son coût initial (nous utilisons cet instrument lorsque les connaissances et l’expérience du client, ainsi que la réglementation et les directives d’investissement, le permettent). Nous avons consolidé ce gain et conservé le reste en place jusqu’en juin afin d’atténuer les risques de baisse si la volatilité devait persister. 

Un rééquilibrage pour renforcer la résilience du portefeuille 

Sur le front des titres à revenu fixe, les obligations d'État, plus sûres, offrent désormais un meilleur rapport qualité-prix par rapport aux obligations plus risquées. Leurs rendements plus élevés et leurs prix plus bas intègrent déjà un nombre important de hausses de taux, supérieur à ce que les banques centrales ont, selon nous, l'intention de mettre en œuvre. En revanche, la compensation supplémentaire offerte par les obligations plus risquées est faible et, à notre avis, ne justifie pas le risque supplémentaire. Nous achetons donc des obligations d'État européennes pour constituer une position surpondérée et des bons du Trésor américains – tout en maintenant notre exposition en dessous de notre référence d'allocation d'actifs à long terme – et vendons des obligations européennes « investment grade » plus risquées, des obligations mondiales à haut rendement et des obligations en devises fortes des marchés émergents. 

La récente vague de ventes a fait baisser la valeur des actions les plus exposées au conflit. Celles-ci représentent désormais une part moindre du portefeuille. Cela nous offre l'occasion de rééquilibrer le portefeuille pour revenir aux niveaux initiaux, tout en tenant compte des spécificités régionales. En appliquant la même discipline que celle dont nous avons fait preuve lors des annonces tarifaires du « jour de la libération », plutôt que de rétablir la surpondération des actions européennes que nous détenions auparavant, nous revenons simplement à une position neutre tout en conservant une légère surpondération des marchés émergents. Cet ajustement renforce également la pondération tactique des actions américaines, un marché qui a souvent fait preuve d’une plus grande résilience, est mieux protégé du conflit et tend à être moins sensible aux cours du pétrole. En conséquence, nous estimons que la qualité globale de nos positions en actions s’améliore. 

Nous augmentons également légèrement notre exposition aux obligations des marchés émergents en monnaie locale, même si celles-ci ne représentent qu’une petite part du portefeuille global. Nous continuons de penser que cette classe d’actifs offre des rendements attractifs, apporte de la diversification et permet une exposition aux exportateurs de pétrole hors du Moyen-Orient. Elle pourrait également bénéficier d’une fin du conflit avec l’Iran et d’un retour du dollar américain à sa tendance baissière à long terme. 

Les événements géopolitiques peuvent être source d’inquiétude, et il est naturel de s’interroger sur ce qui va se passer et sur ce que cela signifie pour l’économie et les marchés. À mesure que la situation évolue, nous resterons attentifs aux signaux importants pour les investisseurs et ajusterons notre stratégie et notre positionnement en mettant l’accent sur la diversification et la résilience du portefeuille à long terme. 

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